Art aborigène

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« Orage de grêle », Lily Napangardi Campbell

Les aborigènes d’Australie qualifient leurs peintures de « Rêves ». Ceux-ci relatent la création de l’univers par leurs ancêtres, les génies fondateurs dont ils perpétuent le mythe par le chant, la danse et le dessin. Ils ont ainsi appliqué des pigments naturels sur les parois rocheuses ou sur leur propre corps durant des millénaires.

La prétendue absence d’écriture est en partie contredite par l’emploi de signes -qui varient selon les tribus- dans les peintures, et qui constituent un langage peint. Ces signes sont des idéogrammes dont l’apprentissage fait l’objet d’une initiation. Chaque artiste a ainsi hérité d’un ou de plusieurs « rêves » spécifiques, exprimant leur spiritualité ainsi que leur profond enracinement à leur terre.

Depuis une quarantaine d’années, l’utilisation des couleurs acryliques sur toile a permis à ce peuple meurtri d’afficher sa culture à la face du monde. Le commerce et le regard occidental porté sur ces représentations, purement rituelles à l’origine, leur ont conféré le statut d’œuvres d’art. Les artistes soutiennent avec le revenu des ventes leur communauté qui se maintiennent plus facilement sur leurs terres.

L’évolution de cet art est alors fulgurante, même s’il recèle quelques constantes. Tout d’abord les peintures sont réalisées au sol. De plus, les effets d’optique sont courants. Il s’agit de faux parallélismes et les motifs semblent s ’animer ou prendre relief lorsqu’on les regarde intensément. Une sorte de transe de la quatrième dimension où les aborigènes sont passés maîtres.

C’est une extraordinaire prouesse d’avoir pu naturellement concilier dans l’art deux concepts qui d’habitude s’opposent : le réel et le mystique, et c’est sans doute, notamment  par cet accomplissement, que les artistes aborigènes ont hissé leur culture au plus haut niveau de la création picturale universelle.

Ainsi, ce mouvement a été décrit par l’éminent et anticonformiste critique Robert Hugues de « dernier grand mouvement artistique du XXè siècle. »

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« Rêve des dunes Tali », Kim Butler Napparula